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Sortir de GitHub - Guide des alternatives et de la migration

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Sortir de GitHub - Guide des alternatives et de la migration
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Ça vous dirait de vous barrer de Github ?

Le mouvement n'est pas nouveau, je pense par exemple à Mitchell Hashimoto qui a annoncé récemment que Ghostty se cassait, mais le mouvement prend de l'ampleur auprès de la communauté des dev. En effet, Microsoft + Copilot entraîné sur du code GPL, des contrats Azure avec ICE à plus de 20 millions de dollars, et des pannes répétées des Actions et compagnie, ça commence à tendre le slip de pas mal de monde. Et y'a pas que les individus qui se cassent : Zig est parti chez Codeberg, Leiningen aussi, et Fedora est en train de migrer toute son infra de Pagure vers Forgejo en 2026.

Alors si vous voulez bouger vous aussi, voici un petit tour d'horizon des alternatives (j'ai classé ça par ordre alphabétique pour pas faire de jaloux) et en bonus, à la fin, je vous donner quelques commandes git passe partout pour migrer n'importe lequel de vos repo proprement.

Et y'a pas besoin d'être un libriste hardcore pour s'y mettre... Suffit juste d'avoir un VPS à 5 balles par mois ou un compte gratuit chez Codeberg !

Les alternatives à GitHub

Bitbucket

Bitbucket, c'est l'alternative proposée par Atlassian. C'est du cloud propriétaire, freemium, intégré à Jira et Trello. Et c'est vrai que sur le papier c'est un concurrent direct de GitHub, mais en pratique c'est le même modèle : tout se retrouve chez un seul éditeur, le code source du serveur fermé, et leur historique n'est pas tendre du côté des suspensions arbitraires. À noter d'ailleurs que Bitbucket Server a été coupé le 15 février 2024 et il ne reste donc que Bitbucket Cloud et Bitbucket Data Center (réservé aux gros comptes) côté self-hosted. Donc si vous fuyez GitHub pour des raisons de souveraineté ou d'ouverture, Bitbucket ne résout AUCUN problème. Du coup, c'est de mon point de vue, aussi à éviter sauf si votre boîte est déjà à fond dans l'écosystème Atlassian.

Codeberg

Alors celui-là c'est le chouchou actuel des libristes. Derrière, Codeberg, c'est une instance de Forgejo gérée par une asso à but non lucratif basée à Berlin (Codeberg e.V., fondée en septembre 2018), financée par des dons. La plateforme hébergeait plus de 300 000 repos et comptait plus de 200 000 utilisateurs en novembre 2025, et ça grimpe à toute vitesse. Leur hébergement est européen, c'est gratuit et sous licence AGPL. Pour moi, c'est ce que je vous recommande pour migrer un projet open source. Maintenant ce qu'il faut savoir c'est que la plateforme accepte uniquement les projets FOSS ou non commerciaux. Donc oubliez vos projets privés ou pour y mettre le code de votre boite...

Forgejo

Bon, vous l'aurez compris, c'est donc le moteur derrière Codeberg, et qui est lui-même un fork communautaire de Gitea créé en 2022 quand Gitea est passé sous le contrôle d'une boîte d'investissements. Forgejo est sous licence AGPL, c'est ultra-léger (un seul binaire Go), et ça peut très bien tourner sur un Raspberry Pi. Forgejo, c'est ce que vous installez si vous voulez votre propre forge auto-hébergée. Une commande docker run codeberg/forgejo:latest et c'est dispo ! Fedora est d'ailleurs en train d'y migrer toute son infrastructure et bosse sur Forgejo Actions, l'équivalent natif et compatible des GitHub Actions.

Notez aussi que Forgejo développe tout ce qui est fédération via ActivityPub (le protocole de Mastodon), ce qui pourrait à terme permettre de suivre un projet hébergé ailleurs sans forcement disposer d'un compte chez l'hébergeur.

Gerrit

Celui-là c'est le système de code review de Google, utilisé en interne sur Chromium et Android. Gerrit est sous licence Apache 2.0 avec un focus extrême sur la review patch par patch. Le workflow est donc très différent de GitHub puisqu'on y ajoute ses commits et on force-push... On ne peut pas y faire de branche, y'a pas d'issues, et encore moins de wiki. C'est vraiment à 100% de juste de la review. Donc c'est hyper solide pour les équipes qui veulent du sérieux et des stacks de patches, mais beaucoup trop rigide pour un projet perso ou communautaire.

Gitea

Gitea, c'est le pionnier de toutes ces forges légères auto-hébergées, qui est un fork de Gogs sorti en 2016. C'est sous licence MIT, mais comme je vous le disais, depuis 2022 c'est devenu une startup soutenue par des investisseurs. Du coup, la communauté s'est barré en forkant chez Forgejo. Donc si vous démarrez aujourd'hui, prenez Forgejo plutôt. Après si vous avez déjà une instance Gitea, migrer vers Forgejo se fera littéralement en remplaçant le binaire tellement c'est compatible !

GitLab CE

GitLab CE, c'est l'alternative all-in-one. Dispo en CE (Community Edition) gratuit, MIT, auto-hébergeable. Franchement je l'aime bien. Et la version cloud gitlab.com fonctionne aussi gratuitement avec des fonctionnalités certes limitées sur les comptes free mais le nécessaire y est. Le gros avantage c'est surtout le CI/CD intégré natif. Pas besoin de bricoler des Actions ou de payer un service tiers mais par contre, c'est lourdingue ! Comptez 4 Go de RAM pour une petite instance jusqu'à 500 utilisateurs, 8 Go recommandés pour 1000, et 16 Go pour les grosses installations. L'interface est jugée pas folle même par les fans. Mais pour une PME qui veut du tout-en-un avec support commercial, GitLab EE (Enterprise Edition) reste la solution la plus mature.

OneDev

Il est moins connu, et pourtant il vaut le détour. OneDev, c'est un serveur Git en Java sous licence MIT qui tourne sur 500 Mo de RAM (à comparer aux 4 Go minimum de GitLab) et qui propose un CI/CD natif avec un éditeur visuel drag-and-drop pour construire vos pipelines plutôt que d'écrire du YAML.

Y'a aussi un truc cool qu'on ne trouve nulle part ailleurs : le code intelligence intégré au navigateur avec un "go to definition" à la VS Code directement dans la forge. La communauté est plus petite que GitLab donc moins de plugins et de templates dispo, mais pour une équipe qui veut un truc rapide, léger et avec un onboarding non-DevOps, c'est probablement le meilleur compromis du marché.

Radicle

Celle là c'est l'option vraiment décentralisée ! Pas de serveur central, des échanges 100% peer-to-peer via un protocole de bavardage et Radicle a levé 12 millions de dollars en Series B en 2021 (avec NFX, Electric Capital et 16 autres investisseurs liés à l'écosystème Ethereum), ce qui peut rebuter ou attirer selon votre rapport à tout ce qui est cryptomonnaies et Web3. Le workflow c'est du patch uniquement comme Gerrit et les repos privés doivent obligatoirement être auto-hébergés sur votre nœud. C'est quand même une alternative sympa pour les projets où la résistance à la censure compte plus que l'aspect pratique !

Sourcehut

Aaah Sourcehut, ce truc à l'ancienne. Sr.ht de Drew DeVault, sous licence AGPL, totalement indé qui suit un workflow de type git send-email, vraiment minimaliste. L'interface est ultra moche mais c'est assumé et ça vous coutera de 4 à 12 dollars selon les tarifs, avec de l'aide financière disponible pour ceux qui galèrent. Donc si vous aimez le développement guidé par l'envoi de mail / mailing list, dans le style de ce qui est fait sur le kernel Linux, et que vous voulez supporter une plateforme libre et indépendante c'est chouette. Par contre si votre vie ce sont les Pull Request à tire larigot comme sur Github, passez votre chemin.

Tangled

Tangled, c'est le petit nouveau de la bande. Il est construit sur ATProtocol (le protocole derrière Bluesky), sous licence MIT, et a levé 3,8 millions d'euros (soit 4,5 millions de dollars) en seed en mars dernier avec rien que du beau monde au tour de table : Thomas Dohmke, l'ex-CEO de GitHub, Avery Pennarun (CEO de Tailscale), byFounders, Bain Capital Crypto et Mårten Mickos (ex-CEO MySQL et HackerOne).

Le workflow c'est de la revue de patch avec stacking et y'a pas de possibilité de faire des repos privés (pour l'instant). Je trouve ça intéressant si vous croyez en la décentralisation des forges de code et que vous voulez tester un truc tout beau tout neuf qui débarque avec sérieusement de l'argent et des têtes dans le board. Mais bon, c'est pas encore assez mature pour un usage en production sérieux.

Comment migrer ?

Après choisir une plateforme alternative c'est bien beau, mais savoir comment y déménager vos projets c'est encore mieux ! Et là, le miracle, c'est que git c'est universel. Donc les commandes ci-dessous, devraient normalement passer sur n'importe quelle forge cible. La méthode que je vous propose s'inspire directement de l'article de Lord publié en janvier dernier, qui détaille toute la procédure pour quitter GitHub proprement.

Sauvegarder l'intégralité de votre repo

D'abord, on clone le projet en mode bare avec tout l'historique, tous les tags et toutes les branches :

git clone --bare https://github.com/USER/REPO.git

cd REPO.git

Pousser vers la nouvelle forge

Ensuite, une fois que vous avez créé un repo vide chez Codeberg ou ailleurs, faut pusher tout d'un coup comme ceci :

git push --mirror https://codeberg.org/USER/REPO.git

Le flag --mirror poussera absolument tout à savoir les branches, les tags, et les refs internes. C'est ça la commande magique. Et ensuite pour repasser à un workflow normal après, dans votre clone habituel, suffit de faire :

git remote set-url origin https://codeberg.org/USER/REPO.git

git remote -v

Et c'est plié ! Et vos collaborateurs n'auront qu'à faire pareil de leur côté.

Rediriger vos contributeurs

Maintenant, le verrou principal n'est pas technique, il est surtout social. Pour ne pas perdre tout le monde sur Github, vous devrez donc créer une branche orpheline qui deviendra ensuite la nouvelle branche par défaut sur GitHub, avec un README qui pointe vers la nouvelle adresse :

git switch --orphan migration-notice

echo "# Repo déménagé sur https://codeberg.org/USER/REPO" > README.md

git add README.md && git commit -m "Migration notice"

git push origin migration-notice

gh repo edit --default-branch migration-notice

gh repo archive --yes

Le gh repo archive servira à figer le repo en lecture seule et tout ce qui est vieux liens vers les PRs et issues continueront de marcher (c'est important pour le SEO et les threads Stack Overflow) mais personne ne contribuera plus dessus.

Bonus : migrer les issues

Pour les issues et les PRs, c'est plus chiant par contre. Codeberg et Forgejo proposent un import direct depuis GitHub via leur UI (Settings > Migration), GitLab a le même genre d'outil, mais pour des migrations massives, regardez du côté de l'outil github-issues-import ou des scripts maison qui tapent directement sur l'API de Github. C'est un peu plus galère mais c'est possible.

Quelle plateforme choisir au final

Pour un projet open source communautaire, mon conseil c'est donc Codeberg sans hésiter. C'est gratuit, hébergé en Europe, géré par une asso non-profit, et l'écosystème est en train de s'y construire à vitesse grand V (l'arrivée de Fedora en 2026 va clairement accélérer le mouvement). Maintenant pour une équipe ou une boîte qui veut de l'auto-hébergé privé, partez sur Forgejo déployé sur un VPS à vous, ou GitLab CE si vous voulez du CI/CD natif intégré sans avoir à bidouiller. Et si vous avez un faible pour les outils plus underground qui démontent leurs concurrents en perf, jetez un œil à OneDev.

Après pour les puristes du code review patch-based, c'est Gerrit et pour ceux qui veulent goûter au futur de la décentralisation, Tangled ou Radicle méritent un test par exemple sur vos projets moins critiques.

Bref, heureusement pour tout le monde, l'écosystème de ces alternatives à Github est bien plus mature qu'en 2018 quand Microsoft a racheté GitHub et aujourd'hui, y'a plus vraiment d'excuse technique pour rester si l'envie vous prend de partir ailleurs !

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POSTEDMay 6, 2026
ARCHIVEDMay 6, 2026